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Acrobate

Sculpture

équinoxes 2
elsa sahal

Mars 2019

ÉQUINOXES 2
ELSA SAHAL RENCONTRE CAMILLE FOURNET
21 Mars 2019

Elsa Sahal est représentée par la Galerie Papillon à Paris et The Pill Gallery à Istanbul.

Elle expose en France et à l’étranger (Fondation Ricard,Villa Arson à Nice, Fondation Maison Rouge, Museum of art and design à New York, National Museum for Women in the Arts à Washington...), participe à des foires et des festivals (installation FIAC Hors les murs en 2012, Festival International d’Art de Toulouse...),et reçoit de nombreuses récompenses : Prix de la sculpture de la Fondation Francesco Messina en 2007, le prix MAIF en 2008, nominée pour le Prix Le Meurice pour l’Art Contemporain et Prix Georges Coulon par l’Institut de France en 2013.

Le travail d'Elsa Sahal peut être résumé par son travail pluriel et expérimental de la céramique. Elle améliore sa technique pendant ses nombreuses résidences en France et à l’étranger pour aboutir au style qu’on lui connaît aujourd’hui. Le travail de la terre, matériau malléable qui peut prendre la forme que l’on souhaite lui donner, permet à Elsa Sahal de donner ce côté énigmatique à chacune de ses pièces. Ses sculptures semblent abstraites, mais se réfèrent à des éléments reconnaissables ; des végétaux, des minéraux, ou bien des corps humains. Des sculptures à mi-chemin entre plusieurs formes de corps, une faune et une flore anthropomorphiques à l’état sauvage.

Il se dégage de l’œuvre d’Elsa Sahal certaines constantes : la sensualité, l’érotisme, le charnel et l’organique. Ses sculptures semblent se mouvoir, comme des corps dansants mélange d’humour et de critique. Elle revendique également une approche féministe dans son travail, en mettant en scène le sexe féminin, tant l’organe que le plaisir, jouant parfois de provocation toujours tempérée par une grande dimension poétique.

La sensualité des sculptures d’Elsa Sahal reflète le plaisir de l’artiste à travailler charnellement ses matériaux de prédilection. Par l’importance de son travail, elle participe au renouveau de la sculpture.

Qu’est ce qui a fait naître l’envie de vous engager dans le projet Équinoxes ?

Quand j’ai rencontré Jean-Luc et Françoise Déchery, j’ai été très enthousiaste à l’idée de faire une collaboration avec la maison Camille Fournet pour utiliser les savoir-faire d’excellence mise en œuvre dans cette entreprise.
J’ai voulu confronter mes techniques à celle du travail du cuir. Mélanger céramique et cuir était une de mes envies depuis longtemps. Quand cette opportunité s’est présentée, ça a été une grande chance pour moi.

Après votre visite à la Manufacture, quelles sont les sources d’inspiration qui ont conduit ton travail ?

En visitant la Manufacture j’ai compris une chose très simple : on construit des volumes en cuir dans le département de maroquinerie autour du vide avec le système de patronage. Les sacs Camille Fournet opposent des parties rigides à des parties très souples. C’est ce qui constitue le design de ces sacs. J’utilise la même technique avec la terre que je modèle par plaques autour d’un vide. C’est donc à partir de ce même langage du patron au volume, de la 2D à la 3D, que nous avons pu dialoguer avec une des prototypistes de la manufacture pour interpréter mes volumes de terre en volumes de cuir.

Comment décrypter votre oeuvre?

« Acrobate » est une sculpture qui évoque le mouvement d’un corps. Elle est composée de fragments qui s’assemblent le temps de la monstration. Cette figure peut se décomposer et se recomposer selon différents modes.
Ce n’est pas un corps idéalisé mais une construction temporaire, précaire. Tout mon travail se réfère au corps. « Acrobate » est une tentative de représenter des intensités ressenties dans le mouvement.

Comment décrypter ce tableau ?

La pièce de cuir découpée se confondant par un jeu d’illusion avec le fond du tableau, celui-ci paraît lui-même troué, incisé. Et en réponse à cette découpe témoin des premiers gestes de fabrication, quelques objets pigmentés émergent au premier plan, empreintes de mes propres gestes à l’atelier, traces de matière vivante, ouverts à une lecture plus large de la part du spectateur.

Acrobate, Elsa Sahal, 2019.
Crédit photo : Kinuko Asano

Œuvre exposée du 21 mars 2018 au 20 septembre 2019
à la boutique Camille Fournet 5, rue Cambon. Paris 1er