< Page CF et les artistes

ÉQUINOXES 4
DENIS DARZAQC RENCONTRE CAMILLE FOURNET
28 SEPTEMBRE 2020

Denis Darzacq est représenté par la Galerie Rx à Paris, la galerie Laurence Miller à New York et La galerie De Soto à Los Angeles. Son travail est régulièrement exposé tant en France qu’à l’étranger. Dernières expositions : Musée de la Photographie de Lianzhou en Chine, Fondation Matmut pour l’art contemporain, Musée des beaux-arts d’Ajaccio, Maison Européenne de la Photographie à Paris, Musée de la Danse Stockholm Suède, etc. Il est Lauréat du Prix Niepce en 2012, du World Press photo catégorie Arts & Entertainent en 2007 et du Prix Altadis en 2000.

L'artiste questionne ici les notions de recyclage et de savoir- faire en travaillant à partir des chutes de cuir de la manufacture. C’est avec ce matériau négligeable, mémoire de la force de l’outil de travail et de la main de l’artisan, qu’il crée une oeuvre dans un savant jeu d’opposition entre plein et vide, couleurs et formes.

Qu’est ce qui a fait naître l’envie de vous engager dans le projet Équinoxes ?

J’ai rencontré Françoise et Jean-Luc Déchery lors de l’inauguration de leur nouvelle manufacture à Tergnier dans L’Aisne. Invité à présenter une installation vidéo à cette occasion, j’ai beaucoup apprécié la qualité de leur engagement auprès des artistes, leur ouverture d’esprit et la simplicité avec laquelle leur conviction que l’art fait partie de la vie s’incarnait ce jour-là. La découverte de l’univers de la maroquinerie et d’un artisanat d’exception m’a fasciné et j’ai vu immédiatement comment ces matériaux pouvaient rentrer en résonnance avec mes recherches actuelles.

Quelles sont les sources d’inspiration qui ont conduit votre travail ?

Lors de ma visite des ateliers j’ai découvert que les artisans soustrayaient des formes géométriques des cuirs et peaux utilisés pour la création de sacs, de portefeuilles ou de bracelets. Dans la suite de mes recherches actuelles, j’ai imaginé travailler à partir des restes des découpes de cuir. Ces chutes, matériaux négligeables et négligés tirent leurs forces plastiques de l’absence des parties les plus nobles.

Comment décrypter votre œuvre ?

Mes photographies jouent avec les contrastes, avec les oppositions entre plein et vide et les jeux de lumières. Pour cette oeuvre, j’ai utilisé le plié, le froissé, la découpe, et les déchirures pour ré-agencer les matériaux en un assemblage a priori chaotique, en changeant l’échelle de leur représentation. Absence N•17 est la reproduction photographique de mes assemblages. Une composition abstraite aux couleurs fortes dans laquelle chutes, contreformes et archives photographiques trouvent leur équilibre.

Absence N.17, Denis Darzacq, 2020.
Crédit photo : Kinuko Asano

Œuvre exposée du 28 septembre 2020 au 28 mars 2021
à la boutique Camille Fournet 5, rue Cambon. Paris 1er